[Paris] Pour l’exclusion de Paco (et des tous les violeurs) !

[Parce que ne pas exclure, et ostraciser les agresseurs sexuels ou violeurs notoires (comme les gens qui en général sont connus pour se comporter de manière violente, au sens de dominant), c’est laisser cours à l’exclusion de ceux ou celles qui les subissent au sein de nos milieux comme dans le reste de la société. Parce que le taire, ou remettre systématiquement en doute la parole des individus (hommes ou femmes) violé-e-s ou -ayant subit des violences- c’est cautionner un silence complice qui laisse le terrain à l’Etat et à sa justice. Parce que si « Paco » n’est malheureusement qu’un parmi d’autres (leur tour viendra), il faut bien commencer quelque part, surtout lorsque l’intéressé cherche à solidariser des gens autour de mensonges éhontés pour couvrir ses pratiques. Nous relayons (pour faciliter la compréhension et participer au débat) le texte publié par quelques anarchistes sur le site de non-fides.fr, accompagné d’un témoignage, ainsi que le texte (ci après) écrit par un-e camarade du site « queerpunxbelgium », qui malgré ses possibles contradictions ou généralisations (pointées par l’autre texte publié sur non-fides.fr) exprime une colère légitime et a le mérite d’ouvrir le débat et d’inviter les compagnon-e-s et camarades à se positionner].

Paris : pour l’exclusion de Paco, violeur dans le milieu anti-autoritaire depuis plusieurs années

Source : La base de données anarchistes

Cela fait maintenant des années et des années qu’un ignoble individu, Paco [1], traine ses guêtres dans les milieux anti-autoritaires, des années que pas mal de monde cherche à le dégager (ce qui est déjà arrivé un certain nombre de fois, mais le personnage est résilient), mais aussi que beaucoup s’en foutent, que d’autres ne se sentent pas concernés, et pire que tout, qu’il y a toujours les quelques idiots habituels, bien aisés qu’ils sont dans la rhétorique du monde judiciarisé dans lequel ils ont été formatés, qui attendent des « preuves » pour se prononcer. Mais à la lecture de témoignages récents, qui ne se remémore pas, quant il était plus jeune, de ce vieux phacochère se vantant d’être plus speed que speed à tout ce qui à l’air de ressembler à un jeune garçon en construction, certains d’entre nous inclus.

 

Que les choses soient claires et précises, nous ne considérons pas comme tolérable de supporter la vue de cette personne dans aucune réunion, assemblée ou tout autre rassemblement aux prétentions anti-autoritaires. Mais tout aussi fermement, nous refusons tout discours qui consisterait à refourguer le problème à la justice, et de façon générale, nous refusons la prison, la justice et la police, et il ne doit pas y avoir de caractère exceptionnel qui permettrait de se livrer à une telle bassesse. Nous sommes parfaitement capables de régler ce genre de problèmes sans avoir recours contre un connard, à un ennemi.

Nous avons eu l’occasion de lire il y a peu plusieurs témoignages troublants à propos de Paco, révélant un personnage plus complexe et sophistiqué que le simple salaud que nous croyions connaitre. On y apprend que Paco manipule, harcèle et viole à grande échelle, avec un mode opératoire similaire à chaque fois, qu’il nous parait important de révéler publiquement afin d’éviter que l’ogre puisse vampiriser d’autres jeunes garçons. Cependant lorsque l’un/e de ses auteur/es affirme « bien que anarchiste et contre la prison en tant que système concentrationnaire, ce cas mériterait sérieusement une poursuite en justice », il passe pour nous de l’autre coté, celui de la domination, celui de la bourgeoisie. Car nous ne sommes pas contre la prison en tant que système concentrationnaire, nous sommes contre la prison en tant que prison, que ce soit ses murs, ses défenseurs, ses faux-critiques et même son concept. Alors nous ne souhaitons à personne de connaitre l’enfer des geôles, pas même aux geôliers, pas même à Paco malgré que nous le vomissions.

Il nous parait inconcevable également qu’il puisse exister un comité de soutien à Paco comme nous l’apprend le blog totalement guignolesque du « Collectif Anarcho-Autonome Anti-Totalitaire » [sic]. La parole des nombreuses personnes ayant fait éclater au grand jour (tardivement) les faits dont nous accusons aujourd’hui Paco, si elle ne leur suffit pas, c’est qu’ils ne sont pas mieux que les juges, les procs et les baveux, avec leur cohorte d’apparats répressifs divers (ADN, expertises psychiatriques des deux parties, reconstitutions etc.). Cette façon de vouloir régler le conflit préfigure une volonté en acte de faire perdurer les sales manières du vieux monde même parmi ceux qui veulent l’abattre.

Précisons pour finir, que dans les nombreux commentaires que nous avons lus à droite à gauche sur Paco, revient souvent l’idée qu’il agit ainsi parce qu’il est un mec, un keum, un homme. Nous appelons chacun à se reprendre et à ne pas basculer dans un essentialisme pas très éloigné de celui des racistes et des misogynes. L’homme ne porte pas en lui le gêne du viol, et la société ne fabrique pas que des hommes violeurs non plus. Par exemple, dans le billet « Un violeur se plaint de son exclusion d’un lieu à Paris » paru sur Indymedia Paris le mardi 19 mars 2013, nous lisons un certain nombre d’excellents apports à la discussion, ainsi que des raisonnements sur cette affaire que nous partageons très largement, mais le message se perd pour finir dans cet essentialisme fondamentalement autoritaire, et basé sur le concept tout aussi autoritaire, de responsabilité collective. Responsabilité collective des hommes pour le sexisme comme pour celle des allemands pour le génocide des juifs, des juifs pour la politique de l’Etat d’Israël etc. Mais comme l’affirmait Malatesta, nous refusons de tenir quiconque responsable d’une chose qu’il n’aurait pas pu empêcher.

Ceci étant dit, nous publions ci-après un témoignage édifiant, et nous prononçons donc pour l’exclusion de Paco de tous les lieux et événements anti-autoritaires, ainsi que pour la mise en œuvre pratique de cette exclusion, en toute occasion.

Le 27 mars 2013,
Des anarchistes de Paris.


Il y a de cela plusieurs années…

Je tiens a répondre ayant été confronté à Paco.

Il y a de cela plusieurs années ce monsieur (à l’époque il disait s’appeler Mickaël et être d’origine polonaise). J’étais alors très jeune et nouveau militant dans la mouvance libertaire. Disons-le Paco avait un discours très bien construit, radical, il proposait tout le temps d’aller en manif avec nous, faire des trucs « chauds » etc etc etc… Il a fini par m’inviter chez lui, au début avec un jeune de mon âge puis seul. Au départ il s’agissait juste de parler politique, puis petit à petit ont commencé les allusions et les gestes déplacés, d’abord des mains baladeuses, des bisous sur la joue etc. Il ne tenait aucun compte de mes refus arguant que j’étais coincé par la morale bourgeoise. Les autres personnes qui le fréquentaient à l’époque ont d’ailleurs subitement cessé de lui parler. A un moment (à peu près à l’époque du contre-sommet de Prague où il disait être allé) il m’a expliqué que l’Etat le poursuivait pour ses activités politiques en essayant de le faire passer pour pédophile : le motif d’inculpation agression sexuel sur mineur âgé de douze ans à l’époque des faits. Mensonges me disait-il. Par ailleurs il se faisait plus pressant et je commençais à me sentir mal à l’aise. chaque fois que je le voyais il laissait balader ces mains. La goutte d’eau s’est produite alors que je le voyais depuis six mois ; il m’a ramené chez lui malgré mes réticences (« Arrête de faire ton bourgeois » disait-il) et là a voulu me montrer un film sur les événements de Prague. Il a mis un film porno mettant en scène des enfants jeunes. Ça n’était plus possible pour moi, j’ai voulu sortir, il m’a pris dans ses bras prétextant ma morale bourgeoise. Je suis parti de chez lui et n’ai plus voulu le voir. Il m’a appelé tous les jours pendant plusieurs semaines pour que je vienne, étant relativement agressif. Je n’ai pas cédé. Je l’ai retrouvé un jour dans un local libertaire par hasard ; là il m’a coincé dans la pièce du fond et m’a mis la main dans l’entrejambe (« Ça te fera du bien » a t-il dit), j’ai crié (j’étais très jeune) et les gens du lieu l’ont mis dehors, lui interdisant de revenir. Il est parti en cavale, entre temps, au passage il a escroqué une camarade en lui sous-louant son appartement plus cher qu’il ne le louait lui. Une camarade qui n’avait d’autres revenus que le RMI.

Je l’ai revu quelques années plus tard et je l’ai reconnu. il avait vieilli et se faisait appeler Paco. Au départ je n’ai absolument pas réagi, c’était du passé et je ne voulais plus en entendre parler. C’est six mois après la première fois que je l’ai revu que nous nous sommes confrontés, quand je l’ai vu qui manipulait des très jeunes et qu’il leur disait qu’il avait fait de la prison pour terrorisme. Je lui ai dit que c’était un menteur et il a foncé sur moi. J’avais grandi, grossi, je l’ai frappé. C’était dans une manif antifaciste, au retour au CICP on m’a demandé de m’expliquer. J’ai raconté cette histoire, la même. Il s’est fait tej. Après d’autres histoires sont sorties : des gens du LAP m’en ont parlé. A plusieurs reprises nous nous croisions lui toujours entouré de très jeunes racontant des histoires de terrorismes ou d’Action Directe complètement fausses. Dernièrement il avait pris ses distances. Il est revenu à l’occasion de Notre-Dame-des-Landes. En janvier pour la énième fois, un jeune camarade est venu me parler des attouchements qu’il avait effectué contre lui pendant plusieurs semaines.

J’assume tous ces propos. Je ne laisserai pas Paco pourrir un mouvement et une idéologie pour sa dégueulasse libido.

P.-S.

Nous récusons totalement la publication de ce texte sur le site « Collectif Anarcho-Autonome Anti-Totalitaire » (ainsi qu’indymedia).

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Un violeur se plaint de son exclusion d’un lieu à Paris

[Billet publié sur indymedia paris et « Queerpunxbelgium ». A l’origine première réponse au texte du « C.A.A.A.T » qui soutenait au départ Paco]

Je ne connais aucune des personnes impliquées dans cette histoire, je viens de Bruxelles, je n’ai donc aucune « concurrence politique » ou « conflits interpersonnels » à régler à travers mon intervention.

J’en ai ras-le-bol que des mecs hétéros blancs qui se prétendent anarchistes n’aient aucune vision ni analyses de la société en tant que classes sociales pas seulement économiques (race-sexe-genre-+++). « Paco n’est ni un flic, ni un patron, ni un facho, ni un militant de l’UMP ou du Parti Socialiste. ». Ben non, Paco est un MEC! C’est quand-même fou qu’après 50 ans de féminisme, vous ne soyez toujours pas capables de réfléchir en ces termes! Et un mec pédé reste un mec, avec une éducation de mec, une culture de mec et des pratiques de mec! Le viol est l’appropriation sans consentement et (parfois) avec violences du corps de l’autre. Et ça, c’est un truc de mec, qu’il soit pédé ou hétéro.

Ce qui m’énerve dans ton texte c’est que tu ne parles pas une seule fois du viol. T’es dans un déni complet de ce qui est reproché à ton pote, par contre tu divagues sur les suspicions d’appartenir aux keufs, sur du « spontanéisme » ou des « calomnies toutes plus délirantes les unes que les autres »… Serait-ce de nouvelles expressions parisiennes pour parler de viol? Il est temps qu’on se mette à jour en province! Tu sous-entends aussi que son exclusion serait liée à son homosexualité et pas au fait qu’il ait VIOLÉ un mec. En gros, tu fais de la solidarité avec ton camarade de classe, mais de classe dominante cette fois-ci, pas celle des anarchistes, non, non, pas celle des pédés, non, celle des HOMMES.

Le viol est partout, tout le temps, il est une condition d’existence de l’hétérosexualité en tant que régime politique c’est à dire qu’asservissement d’une classe sociale par une autre. Il est souvent tu, discret, il se passe dans l’intimité d’une chambre à coucher, d’une salle de bain, d’une salle de concert vide, dans une toilette, un lit, un canapé, derrière un bar. Il se passe entre amants, entre amis, entre connaissances, dans la famille. Puis il y a le viol spectaculaire, celui qui se passe à trois heures du matin dans la ruelle sombre d’une cité, par une bande d’arabes et de noirs. Celui-là est largement médiatisé, dans tous les milieux, c’est celui qu’on aime montrer comme dysfonctionnement, la bête noire du tellement-égalitaire rapport hétérosexuel (et si le dysfonctionnement est raciste, c’est encore mieux : les blancs ne sont pas des violeurs!). L’autre, le viol « ordinaire », devrait être analysé comme systémique, le ciment de la construction de la classe des hommes, la pierre angulaire du rapport hétérosexuel, alors il est occulté, caché, même dans notre avant-garde militante : les anarchistes!

Ton avis sur les groupes militants est carrément à côté de la plaque (tout le paragraphe sur la dérive sectaire et le reste!). Je ne crois pas qu’on fasse partie du même univers. Je ne sais pas qui tu fréquentes mais tu ferais peut-être bien de sortir de Paris pour voir ce qui se fait ailleurs. Et la loi du silence à laquelle je suis le plus souvent confrontée c’est à celle qui entoure les viols et les agressions racistes, sexistes et homophobes dans les milieux anarchistes (et dans tous les autres milieux d’ailleurs).

Pour terminer, j’aimerais revenir sur l’exclusion en tant que stratégie « faute de mieux ».
Dans le premier paragraphe, tu parles de l’exclusion comme d’une pratique totalitaire. Dans le deuxième paragraphe, tu dis que ce n’est pas l’exclusion en elle-même que tu critiques mais les raisons qui y ont conduit dans ce cas-ci. (Faut te mettre d’accord avec toi-même!)

Vu ce flou artistiquement accompli autour de la notion d’exclusion, un peu de clarté s’impose.

Tout d’abord, exclure quelqu’un n’a rien à voir avec des mécanismes totalitaires. Eux, ils enferment les dissidents ou les inadaptés (ou les butent). Il y a quand même une sacrée différence entre fermer une petite porte à quelqu’un qui a le monde pour se promener (je suppose que ton ami a les bons papiers?) et enfermer quelqu’un derrière une grande porte qu’il ne pourra plus jamais franchir sans l’aval des institutions ad-hoc… Arrête de victimiser ton pote, c’est insultant.
Ensuite l’exclusion d’un agresseur n’a pas vocation punitive ni curative. Cette pratique a pour but de créer des espaces safe pour nous touTEs, des espaces d’où on tej nos oppresseurs. La vocation pédagogique, ce n’est pas à nous de l’assumer, c’est à vous : l’entourage, les potes. Et c’est pas en niant les fonctionnements pourris de vos amis que vous leur permettrez de changer.
Les lieux qui prennent le parti des personnes agressées sont rares, c’est plus facile de ne pas croire quelqu’unE qui « out » son viol que de remettre en cause quelqu’un (un mec) qui a une place de choix dans la hiérarchie sociale anarchiste ou alterno. C’est plus facile de se demander qui ment et qui a raison, de se sentir légitime à demander pleins de détails sur l’histoire, des justifications, de se proclamer juge et avocat pour l’occasion, de décider d’une date de prescription des faits, accoudé au bar, plutôt que de remettre en cause un ordre social qui imprègne aussi nos milieux si politisés, plutôt que de remettre en cause nos propres fonctionnements.

Vous avez le monde pour vous, alors arrêtez de couiner comme des chiots quand certains espaces ne vous sont plus accessibles à cause de vos comportements de keums.

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